CAPITULUM CATHEDRALE
SANCTI NICOLAI
FRIBURGI HELVETIORUM

Présentation

Le chapitre, une communauté de prêtres

Le mot désigne un prêtre inscrit sur un « canon », à savoir une liste d’Eglise. Dès le IVe siècle, certains évêques ont constitué autour d’eux une communauté de prêtres pour exercer le ministère liturgique et pastoral dans leur cathédrale. Saint Augustin, mort en 430, a même établi une règle pour ses chanoines en définissant leurs devoirs, à commencer par celui d’assurer la prière commune dans la cathédrale, matin et soir.

Il y a plusieurs sortes de chanoines : les « réguliers » parce qu’ils suivent une règle comme des religieux ; on connaît ainsi les chanoines de St-Maurice ou du Grand-St-Bernard, en Valais. Au cours de l’histoire, les villes plus importantes ont sollicité la fondation de chapitres de chanoines plus ou moins indépendants du pouvoir épiscopal. Leur lieu de ministère se nomme une « collégiale », comme on en trouve à Romont et à Estavayer-le-Lac.

Les chapitres les plus fréquents sont institués dans les cathédrales. En principe, les chanoines d’une cathédrale forment le conseil rapproché de l’évêque qui doit les consulter dans certaines circonstances prévues par le droit de l’Eglise.

Choeur de la cathédrale St-Nicolas, vitrail de l'Eglise de Fribourg (Józef Mehoffer, 1936). Armoiries du chapitre collégial de St-Nicolas avant son érection en chapitre cathédral en 1924.

Le chapitre de St-Nicolas de Fribourg

A Fribourg, à la demande des autorités, le pape Jules II a érigé un chapitre « vénérable et exempt » en 1512, présidé par un prévôt « crossé et mitré », à l’instar d’un évêque. Lorsque l'on a ajouté le titre de « Fribourg » au diocèse de Lausanne et Genève, soit en 1924, la collégiale St-Nicolas est devenue cathédrale. Cette promotion officialisait une situation de fait puisque l’évêque de Lausanne, chassé de sa ville en 1536 par le pouvoir bernois, résidait à Fribourg depuis 1631. Mais le chapitre obtint de Rome de pouvoir garder son prévôt.

Selon ses statuts, le chapitre compte au maximum 10 chanoines résidants. Actuellement, nous sommes 9 mais on peut ajouter 3 chanoines non-résidants (des confrères domiciliés à l’extérieur et ne pouvant donc pas participer à la vie habituelle du chapitre). Les chanoines assurent l’office du matin (laudes en latin à 8h00) et du soir (vêpres en français à 18h00), sans oublier la messe quotidienne à 18h15.

Les chanoines exercent aussi toutes sortes de fonctions au service du diocèse, comme proches collaborateurs de l’évêque (vicaires généraux ou épiscopaux) ou dans le ministère paroissial (curé). Certains sont des prêtres à la retraite après une existence bien remplie au service de notre Eglise.

Choeur de la cathédrale St-Nicolas, vitrail de l'Eglise de Fribourg (Józef Mehoffer, 1936). Armoiries du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg (dès l'érection de la collégiale St-Nicolas comme cathédrale du diocèse en 1924).

En guise de conclusion

Et à la basilique Notre-Dame ? On y a nommé un chanoine (l’abbé Jacques de Boccard). Le chapitre lié à cette vénérable église est une sorte de succursale du chapitre de St-Jean-de-Latran à Rome.

Tout cela peut paraître complexe et un peu désuet. Il y a dans de telles institutions une part de mémoire venue de l’histoire, mais il y a aussi toutes sortes de services plus humbles qui font partie de notre paysage d’Eglise, surtout à Fribourg. Nous sommes attentifs à porter dans notre prière la vie du diocèse, mais aussi celle de notre canton et de notre pays.

Chanoine Claude Ducarroz, prévôt

                                                                                                   Vers la notice du Dictionnaire historique de la Suisse :
                                                                                                   http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F12009.php

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